July 9, 2016

p6 VivaTech LibreBelgique

Les start-up wallonnes ont un gros appétit: illustrations

PIERRE-FRANÇOIS LOVENS À PARIS Publié le mercredi 06 juillet 2016 à 13h47 – Mis à jour le mercredi 06 juillet 2016 à 13h49

DIGITAL

Mise sur pied en un temps record mais avec de gros moyens, la première édition du salonViva Technology (lire notre édition du 30 juin), qui s’est tenue à Paris du 30 juin au 2 juillet, aura largement dépassé son objectif. Là où les deux parrains de cette nouvelle grand-messe technologique, Maurice Lévy (Publicis) et Francis Morel (“Les Echos”), avaient espéré attirer 30 000 visiteurs au Hall des expositions de la Porte de Versailles, ce sont finalement plus de 45 000 personnes qui auront parcouru les stands squattés par 5 000 start-up, découvert les 17 “Labs” animés par de grandes entreprises françaises (LVMH, TF1, Engie, Accor…) et le “Hall of Tech” mettant à l’honneur des innovations de la “French Tech” ou encore participé à l’une des 300 conférences, dont certaines menées par des “stars” de l’économie numérique (dont les incontournables Google, Facebook et Amazon). “Cela fait des années que je souhaitais qu’un événement plaçant la France au cœur du numérique existe. Nous renouvellerons cette formidable expérience en 2017”, s’est réjoui Maurice Lévy.

Ambitions belges

Au cœur de cette grand-messe, “La Libre” est allée à la rencontre de six start-up wallonnes (lire ci-dessous), toutes membres d’une délégation conduite par l’ASBL Startups.be et Digital Wallonia (Agence du Numérique). “Notre objectif, sur ce type d’événement, est triple : favoriser l’apprentissage des start-up au contact de “speakers” très qualifiés, mais aussi d’éventuels concurrents; encourager les contacts avec des investisseurs; et contribuer à ce qu’elles rencontrent des clients ou des partenaires potentiels”, explique Thibaut Claes (Startups.be).

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Effet de levier

Sous réserve d’un bilan approfondi, cette présence wallonne à Viva Tech s’avère déjà très encourageante.“Les choses sont perfectibles, souligne M. Claess, notamment en termes de visibilité du stand que nous occupions, mais les start-up présentes ont apprécié. Viva Tech devrait devenir l’un des événements incontournables en Europe, avec un effet de levier très intéressant pour les start-up. C’était donc précieux d’y être dès la première édition.”

Du côté des start-up, les premiers retours semblent très positifs. Michel Tombroff, dont la start-up Jack avait déjà été distinguée par le groupe SFR, a ainsi pu “pitcher” sur le stand d’Orange. Look a eu le privilège d’être sélectionné par TF1 pour figurer, avec une dizaine d’autres start-up (françaises, essentiellement), dans le “Lab” du groupe audiovisuel. Donald Staar a non seulement “pitché” son appli mobile, mais a pu aussi s’entretenir avec le patron de LCI et celui de l’Innovation digitale de TF1. Keybate, ListMinut et MoodMe ont multiplié les rencontres avec les professionnels présents dans les allées de Viva Tech. Quant à Sortlist, elle est en pleine phase de déploiement sur le marché français. Sa présence à Paris était donc un “must”.

Ce qui est en tout cas très frappant, chez ces six “jeunes pousses”, c’est à la fois leur énorme enthousiasme à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale et cette façon décomplexée de partir à la conquête du monde. Quitte à échouer…

 

Réalité augmentée

Le pitch ? MoodMe (http://mood-me.co/) enrichit les communications avec des émotions. Ainsi, au départ de technologies de reconnaissance du visage, la start-up nivelloise a créé une application pour smartphones qui permet, en temps réel, d’enrichir des vidéos avec des effets spéciaux personnalisés. “On transforme un visage en avatar émotionnel”, résume Chandra De Keyser, cofondateur et CEO.

L’équipe ? Après un bail de 9 ans à la Commission européenne, et un détour par le Brésil, Chandra De Keyser, ingénieur bruxellois, croise la route de Massimiliano, un“génie italien” (sic) de la reconnaissance du visage. Ils se sont associés voici un peu moins de 5 ans. Aujourd’hui, l’équipe se compose de 6 personnes (dont 4 développeurs).

L’ambition ? MoodMe peut se prévaloir de quelques “deals” commerciaux (dont le club de foot AS Roma). La start-up se trouve toutefois à un tournant. Elle s’oriente, de plus en plus, vers la vente de sa technologie – et donc de composants logiciels – à de grandes sociétés voulant créer des expériences clients innovantes à travers du “brand marketing”. Ce nouveau cap stratégique, s’il est validé, pourrait passer par une nouvelle levée de fonds.

Vidéos

Le pitch ? Look (http://www.look-app.net/) est une application mobile qui permet de demander à n’importe qui – dès lors qu’il est membre de la communauté Look – d’envoyer une courte vidéo “live” de l’endroit où cette personne se trouve.

L’équipe ? Donald Staar, 36 ans, a passé deux ans chez HP avant de lancer, voici une dizaine d’années, sa “boîte” de création de sites Internet (Crystal Digit, installé à Lasne). Pour mettre Look sur de bons rails, il peut compter sur deux collaborateurs, dont l’un vit à San Francisco. La jeune pousse vient de lever 250 000 euros auprès de W.IN.G (fonds du numérique wallon) et de Viralety Venture (fonds privé belge), ce qui va lui permettre de poursuivre le développement de la version bêta de l’appli mobile et de la valider auprès de plusieurs centaines de testeurs.

L’ambition ? “Notre idée, une fois que la phase de validation de l’appli aura été clôturée, sera d’aller chercher une seconde levée de fonds afin de bâtir une communauté autour de Look”, indique Donald Staar. Le “business model”, lui, devra encore être affiné. L’insertion de pubs géolocalisées dans les vidéos est une possibilité.

 

Marketing

Le pitch ? Cette start-up (https ://www.sortlist.be/fr/), qui vient de déménager à Wavre, aide les entreprises à trouver l’agence de marketing répondant (vraiment !) à leurs besoins. Et ce, à travers un algorithme qui intègre plusieurs milliers d’agences. “Nous sommes un facilitateur de rencontre entre le client et l’agence, résume Thibaut Vanderhofstadt, cofondateur et CEO. La plateforme permet de soumettre très rapidement plusieurs agences répondant aux besoins établis lors d’un briefing.”

L’équipe ? L’équipe de Sortlist – qui est passée par l’accélérateur Nest’Up – composée de 4 personnes au départ, en compte 11 aujourd’hui. Quatre nouvelles recrues arriveront en septembre.

L’ambition ? Grande ! “On veut devenir le plus grand réseau de prestataires en marketing sans posséder, nous-mêmes, d’agence de marketing, répond M. Vanderhofstadt. Notre marché est global et il n’y a aucune raison qu’une start-up belge ne devienne pas globale.” Depuis quatre mois, la start-up belge prépare le terrain de son arrivée sur le marché français, ce qui nécessitera une nouvelle (grosse) levée de fonds, après celle de 550 000 euros opérée en février 2015 auprès d’investisseurs belges.

Messagerie

Le pitch ? Jack (www.jack.media) – qui tire son nom du… prénom du géniteur de cette appli mobile – est un service de messagerie qui permet d’envoyer des messages (texte, photo, vidéo) uniquement accessibles au moment fixé par l’expéditeur. “Notre appli vise à redonner aux gens le goût d’attendre. Car l’attente du premier baiser est souvent plus excitante que le baiser lui-même”, explique Michel Tombroff, CEO de Jack Media depuis février dernier. Jack fait donc figure d’anti-Snapchat !

L’équipe ? L’inventeur de Jack, c’est Jack Abrams. “Je suis tombé sous le charme de ce créatif enthousiaste ! Il cherchait quelqu’un pour transformer son idée en projet commercial”, dit M. Tombroff, ex-CEO de la “pépite” bruxelloise Softkinetic rachetée, l’an dernier, par Sony.

L’ambition ? “Une app de messagerie qui fonctionne bien touche entre 100 millions et 1 milliard d’utilisateurs actifs par mois. Notre objectif, avec Jack, serait d’en capter 100 millions”, répond M.Tombroff, quinqua enthousiaste. Jack a déjà tapé dans l’œil de SFR et Orange. Jusqu’ici autofinancée, la start-up lasnoise a entamé des discussions avec des fonds d’investissement privés.

 

Conférences

Le pitch ? Conçue par Jean-François Rees, professeur de biologie à l’UCL, l’application de Keybate(www.keybate.com) vise à “révolutionner” les fameuses – et, souvent, laborieuses – sessions de questions/réponses organisées lors des conférences et autres congrès, tout en favorisant le “networking” entre participants.

L’équipe ? Outre le fondateur, Keybate se compose de deux personnes, dont Pierre-Louis Firre (CEO), ingénieur civil de 27 ans. Il est prévu de recruter une ou deux personnes à court terme afin de développer de nouvelles fonctionnalités au sein de l’application.

L’ambition ? A l’instar de Look et ListMinut, la start-up a décroché un premier financement d’amorçage auprès de W.IN.G., le fonds numérique wallon. “Cela va nous permettre à la fois d’accélérer le développement de l’appli et sa commercialisation auprès de clients”, explique M. Firre. Keybate a déjà pu tester son dispositif, fin mai, pour le compte d’un organisateur belge de conférences. L’ambition est de multiplier les “business cases” afin de stabiliser l’appli. “On devra probablement procéder à une levée de fonds d’ici la fin de cette année.”

 

Services

Le pitch ? Il s’agit d’une plateforme (https://listminut.be) permettant à ses utilisateurs de trouver des personnes de confiance dans leur voisinage, prêtes à leur donner un coup de main dans le cadre de services de proximité (garder un animal domestique, tondre une pelouse, réparer un ordinateur, etc.). Le projet est né en février 2013.

L’équipe ? Le noyau dur est composé de quatre personnes (dont trois cofondateurs) : Jonathan Schockaert (CEO), Christophe Kalbfleisch (COO), Sébastien Scoumanne (CTO) et Alison Nève (Operations Manager).

L’ambition ? Le “team” de ListMinut s’est cherché durant près de trois ans avant de trouver le bon “business model”. “Ce fut la croix et la bannière, mais passionnant,explique M. Schockaert. En juin 2015, on a pivoté vers la cible des particuliers, ce qui nous a permis de trouver une belle croissance. On a aussi décidé de rencontrer nos prestataires afin d’optimiser l’expérience client.” ListMinut a déjà procédé à deux levées de fonds : 200 000 euros à la mi-2014 (auprès de deux “business angels” belges) et 300 000 euros en février 2016 (auprès de W.IN.G et des deux “business angels”). Une troisième, plus importante, est envisagée au début de 2017.

 

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